Combien coûte l'inégalité ? Un simulateur de redistribution Québec/Canada
Le top 1% détient 24% de la richesse au Canada. Et si on changeait les règles fiscales ? Explorez notre simulateur interactif basé sur les données réelles de 2026.
- Pourquoi ce simulateur ?
- Quelques constats qui ressortent du modèle
- 1. L'impôt sur la fortune est le levier le plus puissant
- 2. L'UBI n'est pas « utopique » - il est chiffrable
- 3. Le salaire minimum a un effet direct mais limité
- 4. Le « ruissellement » ne ruisselle pas
- Limites du modèle
- Essayez le simulateur
Le Canada est l'un des pays les plus riches du monde. Pourtant, le top 1% (~169 000 familles détenant au moins 7,8 M$ de richesse) possède 24% de la richesse totale. Les 40% les moins nantis se partagent 3%. Et l'écart se creuse.
Inspiré du simulateur The Extraction: Capitalism Simulator (postcapitalistrobots.com), qui modélise une économie de marché fermée et démontre comment le capitalisme « extractiviste » produit mécaniquement une concentration extrême des richesses (Gini de 0,96 en 50 ans avec 34% d'exclusion sociale), nous avons construit un simulateur interactif de redistribution adapté aux données réelles du Québec et du Canada (2025-2026).
Pourquoi ce simulateur ?
Nous croyons que les décisions fiscales devraient être éclairées par des données, pas par des dogmes. Trop souvent, le débat oppose « baisses d'impôts = croissance » à « hausses d'impôts = justice sociale » sans qu'aucun des deux camps ne montre ses chiffres. Notre simulateur permet de :
- Visualiser la distribution actuelle de la richesse par décile
- Ajuster les taux d'imposition (revenu, fortune, corporatif, gains en capital, TVQ/TPS)
- Activer un dividende citoyen (UBI)
- Modifier le salaire minimum et les redevances sur les ressources naturelles
- Observer l'impact en temps réel sur le coefficient de Gini, le taux de pauvreté, le pouvoir d'achat médian et le solde budgétaire
Quelques constats qui ressortent du modèle
1. L'impôt sur la fortune est le levier le plus puissant
Un impôt de 1%/an sur la fortune > 2 M$ (modèle scandinave) réduit le Gini de ~0.45 à ~0.35 et finance des dépenses sociales significatives sans déficit. Ce n'est pas une opinion : la Norvège, le Danemark et la Suisse l'appliquent avec succès.
2. L'UBI n'est pas « utopique » - il est chiffrable
Un dividende citoyen de 500$/mois pour tou·te·s les adultes québécois coûte environ ~42 G$/an. C'est ~32% du budget du Québec. Finançable avec un impôt sur la fortune modéré + une hausse du taux corporatif.
3. Le salaire minimum a un effet direct mais limité
Passer le salaire minimum de 16,10$ à 20$/h sort environ 1,5 point de pourcentage de la population de la pauvreté. C'est important, mais insuffisant sans redistribution complémentaire.
4. Le « ruissellement » ne ruisselle pas
Le scénario ultra-capitaliste (flat tax 15%, aucun impôt sur la fortune, corporatif à 15%, salaire minimum réduit) produit un Gini de ~0.52, réduit les recettes fiscales de ~60%, et augmente le taux de pauvreté de 3 points - le tout avec un déficit budgétaire massif.
Limites du modèle
Ce simulateur est un modèle statique. Il ne tient pas compte :
- Des effets de migration fiscale (les ultra-riches qui déménagent)
- De l'évasion fiscale internationale
- Des effets dynamiques sur la croissance économique
- Des interactions complexes entre fiscalité et comportements
Ces limites sont réelles. Mais elles fonctionnent dans les deux sens : les modèles « pro-croissance » qui prédisent l'effondrement économique en cas de hausse d'impôts ignorent systématiquement l'effet stimulant de la redistribution sur la demande intérieure.
Essayez le simulateur
Ajustez les paramètres, comparez les scénarios, et faites-vous votre propre idée. Les données sont là.
Sources : Statistique Canada (Comptes du bilan national, T1 2026) · DPB/PBO (Estimation du sommet de la distribution, 2025) · Revenu Québec (Barèmes 2026) · Budget du Québec 2025-2026 · The Extraction: Capitalism Simulator (postcapitalistrobots.com) · Thomas Blanchet (Long Run Wealth Tax Simulator) · Gabriel Zucman & Emmanuel Saez (Tax Simulator, Berkeley)