Personne n'est illégal : frontières, migration et xénophobie
On nous dit que les migrant·e·s « volent nos emplois », « coûtent cher », « menacent notre sécurité ». Faux, démonté par toutes les données. La migration n'est pas le problème : ce sont les frontières et la pauvreté. Voici les faits, et la solidarité.
- Les mythes, démontés
- Pourquoi ces mythes persistent
- Ce qu'on nous dit / La réalité
- Mythe 1 : « Les migrant·e·s prennent nos emplois »
- Mythe 2 : « La criminalité est liée à l'immigration »
- Mythe 3 : « On ne peut pas accueillir tout le monde »
- La stratégie : l'abolition des frontières
- Explorez dans le simulateur
On nous dit que les migrant·e·s « volent nos emplois », « coûtent cher », « menacent notre sécurité ». Ces trois affirmations sont fausses, démontées par les données - et pourtant, elles servent de carburant à la xénophobie partout. Cette note rétablit les faits, en complément de nos notes sur l'impérialisme et le colonialisme.
Les mythes, démontés
« Ils volent nos emplois. » Faux. Les études montrent que l'immigration crée des emplois (les migrant·e·s consomment, créent des entreprises, comblent des pénuries) et a un impact globalement positif ou neutre sur les salaires. (Statistique Canada, 2025.)
« Ils coûtent cher. » Faux. Les migrant·e·s ont une contribution fiscale nette positive (~12 000 $/an par personne) : iels paient plus d'impôts qu'iels ne reçoivent de services.
« Ils menacent notre sécurité. » Faux. Aucun lien n'existe entre immigration et criminalité. Le lien, c'est la pauvreté - pas l'origine. (C'est exactement le même type de mensonge que le mythe démonté dans notre note sur la nature humaine.)
Pourquoi ces mythes persistent
Ces mythes ne persistent pas parce qu'ils sont vrais. Ils persistent parce qu'ils sont utiles.
La xénophobie est la diversion parfaite : pendant qu'on désigne le·la migrant·e comme bouc émissaire, on ne regarde pas qui appauvrit réellement - le capital, les propriétaires, les spéculateurs. C'est le même mécanisme que le fascisme : la colère légitime contre l'exploitation est redirigée vers la mauvaise cible.
Et les frontières, elles, ne « protègent » pas : elles tuent. Des milliers de personnes meurent chaque année en Méditerranée, dans le désert, aux frontières - parce qu'on a transformé le droit de se déplacer en crime.
Ce qu'on nous dit / La réalité
Mythe 1 : « Les migrant·e·s prennent nos emplois »
Ce qu'on nous dit : ils nous volent le travail.
La réalité : l'immigration crée des emplois et a un impact positif ou neutre sur les salaires. Le chômage n'est pas causé par les migrant·e·s : il est causé par les politiques (austérité, délocalisations, automatisation).
Mythe 2 : « La criminalité est liée à l'immigration »
Ce qu'on nous dit : les migrant·e·s sont plus criminels.
La réalité : aucun lien n'existe. Le vrai lien, c'est la pauvreté. Ce mythe raciste est démonté par des décennies de criminologie - et pourtant, on le martèle (voir notre note sur la fabrique du consentement).
Mythe 3 : « On ne peut pas accueillir tout le monde »
Ce qu'on nous dit : c'est matériellement impossible.
La réalité : les pays riches ont les moyens - ils choisissent de ne pas les employer. La « crise migratoire » est une crise de répartition, pas de ressources. Et la migration est, en grande partie, produite par l'impérialisme et les guerres que ces mêmes pays mènent.
La stratégie : l'abolition des frontières
1. La liberté de circulation. Le droit de se déplacer est un droit humain. Les frontières ne protègent pas : elles enferment et tuent.
2. S'attaquer aux causes de la migration. Les guerres, le pillage, la dette, le climat : tant que l'impérialisme détruira des pays, des gens fuiront. L'abolition des frontières passe par la fin de l'impérialisme.
3. La solidarité contre la xénophobie. Défendre les migrant·e·s, sans condition - comme on défend toute personne opprimée. L'anti-racisme est un engagement, pas une posture.
4. Démanteler le mythe. Dire, documenter, prouver que la migration n'est pas une menace - c'est un enrichissement, et une conséquence des crimes du capital.
5. La régularisation et la dignité. Papiers pour toutes et tous, droits égaux, fin de l'exploitation des travailleur·euse·s sans statut.
La leçon est simple : personne n'est « illégal ». Les frontières, elles, le sont - des murs érigés pour diviser les exploité·e·s et protéger les exploiteurs. Les abolir, c'est abolir une des plus vieilles armes du capital.
Explorez dans le simulateur
Le module « immigration » de notre simulateur modélise l'ouverture des frontières et ses impacts réels. Activez-le et observez.
Personne n'est illégal. Les murs, eux, sont des crimes.
Sources : Statistique Canada (2025, contribution fiscale nette positive) · Immigration et criminalité : aucun lien (criminologie) · Immigration et emploi : impact positif ou neutre (études) · Frontex / OIM (morts en Méditerranée) · Anderson, No Borders · Sharma, Home Rule (2020).